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C'est vrai que l'isolement est un vrai soucis dans la dépression.
Mais je dirais que lorsque la maladie s'installe nous nous isolons progressivement même si nous sommes très entourés.
Puis quand la maladie est déclarée ; reconnue par nous ou par le médecin, que nous avons la possibité, enfin, de faire se que nous voulons, parceque nous ne sommes plus obligés de travailler, nous nous laissons aller dans notre bulle.
Le sommeil est souvent notre meilleur allié pour cela.
Je suis arrêtée depuis trois mois et j'ai passé 2 mois et demi à ne faire que dormir ou rester chez moi à végèter.
Encore aujourd'hui je refuse les invitations et évite les réunions avec trop de personnes.
Il faut dire que cela n'est pas évident de se mettre à pleurer sans raison apparente alors que tout le monde s'amuse.
Je suis persuadée que c'est un passage obligé car nous devons nous recentrer sur nous pour mieux nous "analyser" et les dépressifs ont souvent dans leur thérapie la confirmation que certains de leurs "traumatismes" ont à voir avec les rapports humains vécus précédemment et mal résolus.
Alors peut-être est-ce aussi une façon de se protèger des autres en général ???
Bon c'est juste ma façon de voir mais ....
Ca me conforte dans ce que je ressens. Je me sens moins seule.
Pour moi, la maladie est récente. Et mon arrêt de travail aussi. Depuis 3 jours, je suis à la maison, seule. Et je ne suis pas sortie. Je sens que je m'isole. Mais j'ai l'impression aussi d'en avoir besoin. J'ai trop souffert ces dernières semaines dans mes relations avec les autres (au travail, surtout).
Alors ça me rassure de te lire.
Je me dis que je suis "normale", même si je suis malade.
ploumploum, c'est ce qui me semble car tu procedes de façon methodique: tu détermines un problème, en fais un projet, tu récoltes des informations, et en fais des déductions.
Louna, c'est tout à fait ça (pour ma part, l'allusion à mon isolement mental est une autre histoire que j'espère résoudre) mais mon problème de solitude est bien aussi celui que tu décris.
en fait, oui cette solitude peut être prise d'un point de vue positif, si on se bat pour ne pas s'y laisser couler et reste une etape.
elle nous apporte la protection et la possibilité de ressourcement dont nous avons besoin.
mais ça manque quand même... le monde
Je crois que j'essaie de lutter contre cette dépression de cette manière mais ce n'est heureusement pas une règle. Sinon, cela deviendrait presque inhumain.
Il faudrait un peu des 2 :
de l'humain émotionnel qui n'envahisse pas trop
et de la mécanique de raisonnement qui permette de résoudre certains problèmes.
je viens de lire ces messages et je me retrouve dans vos phrases..
je n'ai envie de voir personne mais je me sens seule aussi..
la seule personne avec qui j'ai envie d'être c'est ma soeur (on est jumelle).
je me sens bien chez elle avec mon petit neveu et ça me permet d'oublier un peu ma dépression..
mon ex me manque
je pense à lui tout le temps et je me dis qu'à certains moments là je serais avec lui...
je ne veux pas voir ma meilleure amie, j'ai l'impression d'être en colère et je la trouve égoiste.. je lui parle mais je n'ai aucune parole en retour.. à lui demander plusieurs fois si elle est encore au téléphone.
alors j'ai décidé pour l'instant de couper les ponts..
est ce pareil pour vous avec vos proches ou amis?
est ce que vous ressentez de la colère parfois??
La solitude est pénible, je le reconnais car j'en souffre malgré ma famille (envahissante) autour de moi. Je ne crois pas que se replier soit la bonne solution car il faut à un moment donné casser ce cercle vicieux et essayer d'aller vers les autres. De mon côté c'est ce que j'essaye en me rapprochant d'associations.
Bon courage.
Pas spécialement. Le mieux est d'utiliser une association pour laquel on a une affinité ou bien pour qui on partage une cause ou une passion commune par exemple. Pour ce qui est des associations sur la solitude je n'en connais pas.
bonjour
j'aurais voulu savoir comment rompre avec la solitude qui s'installe ou s'est installée avec votre depression?
le problème en fait, c'est que je n'en ai pas envie, je peux avoir du monde autour de moi si je le désire, mais le refuse... ben... parce que je ne me sens mal.
alors comment retrouver la volonté d'avoir des liens?
Je ne sais pas si quelqu'un l'a dit mais je crois que c'est une question de volonté qui nous oblige un peu à sortir de cette monotonie qu'on appelle la solitude et qui se manifeste par la dépression dans certains cas. Je crois qu'un des moyens est d'aller vers les autres, faire quelque chose, sortir, aller dans une association. A force ça pourrait nous aider à sortir de ce trou. J'ai pas encore essayé mais je sais que c'est le seul moyen. A moins de tomber par hasard sur la personne qui convient à notre idéal. Pareil, j'ai pas encore trouvé.
Cela fait maintenant 4 ans que je me suis isolée mais en remontant au plus loin dans ma vie, je me suis aperçue que, dès que je le pouvais, je m'isolais déjà.
Par contre, par rapport à certains témoignages, les "autres" ne me manquent pas du tout.
Si je ne culpabilisait pas - par rapport à mon compagnon et par le fait d'être à la charge de l'état (invalidité) alors que j'ai toujours eu pour "principe" de m'assumer seule - je vivrais cet isolement très bien.
Cette pu.... de culpabilité fait que je me fais mal physiquement : je n'ai plus d'ongle, je mes les ronge jusqu'au sang d'où mycose et infections, je m'arrache souvent la peau de la plante des pieds Conséquence : souvent j'ai du mal à me servir de mes mains tellement mes doigts me font mal ou alors du mal à marcher à part sur la pointe des pieds)
Par contre, la seule fois dans ma vie où je suis restée plus de 2 mois enfermée ne côtoyant que mes animaux (il y a plus de 13 ans donc bien avant d'être diagnostiquée dépressive et arrêtée), je n'ai plus eu ses symptômes. C'est pourquoi je pense que c'est la culpabilité qui me fait me faire du mal.
Je ne me sens bien que seule avec mon homme et j'accepte tout de même de recevoir sa famille et ses amis (mais un court moment, si je "fatigue", je vais m'isoler dans une autre pièce).
Et puis, comme je l'ai déjà dit dans un de mes posts, depuis 3 ans, je me suis trouvée pas mal d'activités à faire chez moi.
Mais, à force d'entendre des phrases telles que "force toi", "tu gâches ta vie" etc... , je me demande s'ils n'ont pas raison et si je n'ai pas baissé les bras devant la maladie, que je me suis laissée envahir et n'oppose plus de résistance. Mais en même temps, je me sens si bien seule !! Du coup, je suis perdue : mon état est-il "normal" après 4 ans passés chez moi ou ai-je simplement "accepté" mon sort ?
Alors, j'aimerai savoir si d'autres personnes, même après plusieurs années, ne se sentent bien qu'isolées et surtout ne souffrent pas du manque des "autres" ?
Merci pour vos témoignages.et désolée si je me répète mais vraiment cela me tient à coeur d'avoir vos témoignages.
Je suis un peu dans le même cas que toi, agoraphobe sévère, en ce moment ça va un peu mieux j'arrive à sortir sans trop paniquer.
J'ai vécu enfermée pendant environ 7 longues années gâchées, les autres me manquaient très peu. Je n'avais pas ce besoin de communiquer, j'avais peur de l'autre.
Je culpabilise toujours d'être à la charge de mon mari, je crois que c'est le plus dur pour moi.........Comme je n'arrivais pas à sortir de chez moi j'ai commencé à retaper entièrement la maison que nous avions acheté et que nous n'arrivions pas à faire faire par des artisans puisque nous ne vivions qu'avec un seul salaire.
En ce qui me concerne le côté "force toi" (j'y ai eu droit pendant des années) n'a jamais servi à rien si ce n'est à m'enfoncer d'avantage pour me dévaloriser plus encore. La thérapie a fonctionné et maintenant l'analyse m'aide à comprendre la manière dont je fonctionne et à apaiser mes craintes en douceur.
J'ai réussi au fil des ans à aller un peu vers les autres, j'en ai pris plein la figure aussi parce que les autres ne sont pas tous et toujours bienveillants et je pense que j'attendais trop des autres aussi . Maintenant peu à peu je m'équilibre, j'ai deux ou trois amis, un mari et le forum.
Je continue à guérir et ça me suffit comme ça.
Voilà j'espère que mon témoignage t'aidera un peu.
Du coup, je suis perdue : mon état est-il "normal" après 4 ans passés chez moi ou ai-je simplement "accepté" mon sort ?
Alors, j'aimerai savoir si d'autres personnes, même après plusieurs années, ne se sentent bien qu'isolées et surtout ne souffrent pas du manque des "autres" ?
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Bonsoir Gribouille,
Je pense que tu es encore en plein dans ta dépression et que tu n'as pas accepté cette maladie. En effet, si tu l'avais fait, tu vivrais avec elle en bonne intelligence et tu te sentirais forcément mieux.
Je ne prétends pas détenir la vérité absolue mais je me base sur ma propre expérience. Dès que j'ai accepté d'être dépressive, la lutte quotidienne pour me révolter contre la maladie a été terminée (ainsi que les éternelles questions en boucle : pourquoi cela m'arrive à moi ? quand serais-je guérie ?...)
Je peux également te dire que j'ai fait le vide autour de moi (surtout après la décès de mon fils) et que je suis très bien ainsi. Je me suffis à moi-même, même si je suis très sociable.
Je crois qu'il arrive tout simplement un moment où on a été tellement déçu par l'attitude des autres, qu'on n'aspire plus qu'à la paix
Encore une fois, accorde-toi le droit de ne pas te préoccuper de l'opinion de ton entourage et si tu as envie de te reposer, fais-le
J'ai réussi au fil des ans à aller un peu vers les autres, j'en ai pris plein la figure aussi parce que les autres ne sont pas tous et toujours bienveillants et je pense que j'attendais trop des autres aussi . Maintenant peu à peu je m'équilibre, j'ai deux ou trois amis, un mari et le forum.
Je continue à guérir et ça me suffit comme ça.
Bonjour Gamzatti et Gribouille,
Je sais que de mon côté mon renfermement a été en partie responsable de ma dépression et de mes problèmes. Mais en même temps je me suis rendu compte que je sais aussi aller vers les autres malgré ma timidité. Ceci étant je constate que ce n'est pas facile car les gens ne sont pas toujours faciles de contact, voire très durs (dans le monde du travail notamment): le chacun pour soi, l'égoisme, l'esprit de clan sont des barrières difficiles à franchir.
Ce problème de l'isolement du dépressif est un cercle vicieux car on a tendance à s'isoler en ayant l'impression que les autres ne peuvent pas nous comprendre et de ce fait les autres ne savent plus comment nous aborder et ne viennent plus vers nous
Comme nous avons, à la fois besoin de solitude mais aussi de réconfort, tout cela n'est pas facile à gérer
Je sais que de mon côté mon renfermement a été en partie responsable de ma dépression et de mes problèmes.
Moi je pense que l'isolement a plutôt été ma bouée de sauvetage, en fait ce qui m'a sauvée car je ne serais peut-être plus là si je n'avais pas su me protéger des "autres".
En fait, il n'est pas responsable de ma dépression, car il dure depuis ma plus petite enfance, mais plutôt le contraire.